Le projet de loi présenté le 20 mars dernier en conseil des ministres, portant sur l’utilisation des langues étrangères dans les universités françaises, est bien d’actualité dans les couloirs de l’Elysée. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, a fait part de sa volonté de promouvoir les cours en langues étrangères, principalement en anglais, dans les universités françaises.

Le Point indique, selon la ministre, que la France ne serait plus capable d’attirer les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud ou l’Inde, et de dire « nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table ».

Le français est-il menacé par l’anglais ?

Les opposants à cette mesure avancent que cette loi fera, à terme, disparaître le français au sein des universités. Cependant, les faits sont là : le niveau des étudiants français fait pâle figure si on le compare à celui de leurs voisins européens. Cette différence de niveau est particulièrement marquée en anglais où la France arrive régulièrement en queue de peloton des différents tests internationaux, loin derrière les pays scandinaves et l’Allemagne.

Cette faiblesse en anglais peut poser, à terme, un véritable problème aux entreprises françaises. Elle peut également entraîner des difficultés pour les jeunes diplômés à trouver du travail une fois leur diplôme en poche. Les grandes écoles privées ont bien intégré cette problématique et proposent, depuis plusieurs années déjà, des cursus bilingues français/anglais, voire 100% anglais. Pierre Tapie, directeur général de l’ESSEC et président de la CGE, écrivait récemment dans Libération : « Contribuer activement à la formation des futures élites mondiales est devenue un enjeu stratégique pour l’influence intellectuelle, économique, linguistique d’un pays ».

L’anglais comme moyen de développer l’attrait des universités française

L’enjeu est également de taille pour les universités françaises soumises à une concurrence très rude à l’échelle européenne et mondiale. Proposer des cours en langue étrangère (plus précisément en anglais, langue du savoir par excellence) est un moyen pour les universités d’attirer des enseignants et des étudiants internationaux et gagner ainsi une plus grande visibilité internationale.

Malgré ces arguments, le débat autour de ce dispositif promet d’être houleux. De nombreuses personnalités politiques (dont l’ancien conseiller présidentiel, Jacques Attali, auteur d’une charge violente contre le projet) et des spécialistes de l’éducation mettent en cause la pertinence et les effets à long terme de cette mesure. Néanmoins, même les « anti » devront reconnaître que le niveau des jeunes français est un véritable problème qui mérite d’être résolu.

Cet article a été écrit par un rédacteur indépendant, Alexis Strat, pour la société Communicaid ; Spécialisée dans les formations en langues étrangères notamment l’anglais des affaires.